Transfert du carbone de la source au puits à l’aide des paramètres du système carbonaté, de l’oxygène, et des isotopes du radium
Qu’est-ce qui motive ce projet ?
L’Arctique se réchauffe trois fois plus vite que la moyenne mondiale, ce qui entraîne une fonte rapide de la calotte glaciaire du Groenland. Cela amène de l’eau douce et du carbone dans les fjords, ce qui fait monter le niveau de la mer, diminue la salinité et accélère le cycle du carbone. Il est essentiel de comprendre ces changements pour prédire l’évolution des environnements arctiques.
Pourquoi est-ce important ?
Les eaux arctiques sont très sensibles à l’acidification des océans, car l’eau de fonte froide et douce absorbe plus de CO₂ que les eaux plus chaudes et plus salées. Le recul des glaciers et l’augmentation du débit d’eau douce modifient la circulation et la chimie des fjords, ce qui pourrait menacer les écosystèmes côtiers et leur productivité. L’étude des interactions physiques, chimiques et biologiques dans ces zones est essentielle pour anticiper les changements dans ces environnements fragiles et pour éclairer les modèles climatiques et écosystémiques mondiaux.

© Bruno Lansard
Objectifs du projet
CARAMBAR étudie les sources et les puits de carbone le long des fjords du Groenland et examine comment le réchauffement de l’Arctique les affecte. Le projet suit l’eau douce provenant des rivières, des glaciers et de la glace de mer à l’aide d’isotopes d’oxygène, tandis que les isotopes de radium révèlent les taux de mélange de l’eau. Les carottes de sédiments, elles, quantifient le stockage du carbone sur le fond marin. Cette approche relie le continuum terre-mer, reliant la fonte des glaciers, le mouvement de l’eau et le cycle du carbone dans les fjords arctiques en évolution rapide.
Comment cela sera-t-il fait ?
Le pH de l’eau de mer, l’alcalinité et le carbone dissous seront mesurés à bord. Les isotopes du carbone déterminent si le carbone provient de l’atmosphère, de la terre ou de l’océan et révèlent sa réactivité. Les isotopes d’oxygène identifient les sources d’eau douce, tandis que les isotopes de radium suivent les taux de mélange de l’eau. Les formes de carbone inorganique et organique, dissous et particulaire seront analysées pour quantifier le flux et le stockage du carbone dans les eaux et les sédiments des fjords.

© Bruno Lansard
Quelles données seront collectées ?
Les échantillons comprennent de l’eau de mer de la surface au fond marin, de l’eau de fonte des glaciers, des lacs, des rivières et de la glace de mer, ainsi que des carottes de sédiments. Les carottes de sédiments seront sectionnées pour mesurer les taux de sédimentation à l’aide de radionucléides naturels et artificiels, ce qui permettra de mieux comprendre le piégeage du carbone au fil du temps.
Membres et partenaires
- Chercheur principal :
- Bruno Lansard, Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement, Université Paris-Saclay, France
- Autres participants :
- Pieter Van Beek, Laboratoire d’Études Spatiales et d’Océanographie Géophysique, Toulouse Université 3, Toulouse, France
- Swan Schluk, Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement, Université Paris-Saclay, France
- Claire Waelbroeck, Laboratoire d’Océanographie et du Climat : Expérimentations et Approches Numériques, Université Sorbonne, Paris, France
- Partenaires :
- Mathieu Ardyna, Université Laval, Québec, Canada
- Jean-Éric Tremblay, Université Laval, Québec, Canada
- Philippe Archambault, Université Laval, Québec, Canada
- Gwénaëlle Chaillou, Université du Québec à Rimouski, Rimouski, Canada
- Ludovic Pascal, Université du Québec à Rimouski, Rimouski, Canada
- Mathilde Jutras, Université du Québec à Rimouski, Rimouski, Canada
- Lisa Bröder, Department of Earth and Planetary Sciences, ETH Zurich, Zurich, Switzerland
- Margot White, Department of Earth, Ocean, and Atmospheric Sciences, University of British Columbia, Vancouver, Canada
